prothèse totale de hanche

 

Prothèse Totale de Hanche

 

 


Environ 100 000 Français bénéficient chaque année de la pose d'une prothèse totale de hanche. Cette intervention, née dans les années 60, a connu depuis d'importantes améliorations.
Elle permet aujourd'hui à de nombreuses personnes souffrant de la hanche de marcher à nouveau sans ressentir de douleur. Vous trouverez dans ce document des éléments d'information sur les techniques employées et des conseils sur quelques précautions à prendre avant et après votre intervention. Lisez-les attentivement, ils vous seront utiles.

Une prothèse totale de hanche : Pourquoi ?
Une prothèse totale de hanche est proposée lorsque les surfaces articulaires entre la tête du fémur et le cotyle, cavité correspondante de l'os iliaque (os du bassin), sont trop abimées pour permettre une mobilité suffisante.
Cette situation se produit le plus souvent à la suite d'une arthrose de la hanche évoluant depuis de nombreuses années mais peut également résulter d'une maladie rhumatismale chronique (la polyarthrite rhumatoïde), d'une destruction de la tête du fémur (nécrose) suite à un défaut de vascularisation, ou en cas de luxation congénitale de la hanche.

Une autre circonstance conduisant à poser une prothèse de hanche est la survenue d'une fracture du col du fémur chez une personne âgée souffrant précédemment d'arthrose.

L 'implantation de la prothèse a pour objet de faire disparaître la douleur qui gêne le malade dans sa vie quotidienne et le contraint à prendre nombre de médicaments antalgiques (anti-douleurs) et anti-inflammatoires.
Mais, cette intervention permet aussi aux patients opérés de retrouver la capacité de marcher, de monter et de descendre les escaliers, en somme d'avoir "une vie normale".
Quelles précautions avant l'intervention ?
Un examen complet de vos éventuels problèmes médicaux sera fait lors de la consultation pré-opératoire d'anesthésie.

Certains conseils vous seront donnés par votre chirurgien ou votre anesthésiste en fonction de votre situation :  
- s' il y a lieu, perdre du poids: une surcharge pondérale peut entraîner des contraintes trop importantes pour votre prothèse 
- l'arrêt du tabac est recommandé, pour éviter des complications pulmonaires, cicatricielles et infectieuses.
- un éventuel traitement des médicaments fluidifiant le sang doit être suspendu plusieurs jours avant l'opération

Comme pour toute intervention importante, tout foyer infectieux (qui pourrait être source de complication au niveau de votre prothèse) doit être éliminé: les infections ORL, pulmonaires, urogénitales doivent être soignées, de même que toute affection cutanée.
Consultez éventuellement votre dentiste pour écarter un problème dentaire.

Enfin, on peut vous proposer de prélever une à trois "poches" de votre propre sang afin de vous les retransfuser au moment de l'opération, si nécessaire: il s'agit de l'auto-transfusion. Mais c'est actuellement de moins en moins utile.
Votre intervention
De façon à être parfaitement préparé, vous rentrerez à l'hôpital la veille et vous verrez un anesthésiste avant d'être opéré.
L'anesthésie (générale ou loco-régionale) qui convient le mieux à votre cas vous aura été proposée et expliquée quelques semaines avant l'intervention.

On vous demandera d'être à jeun, c'est à dire de ne plus boire et de ne rien manger à partir de minuit avant l'opération.

Le matin de l'intervention, un médicament vous sera donné pour vous détendre. Après rasage de la zone opératoire, celle-ci sera badigeonnée avec une préparation antiseptique.

La pose de votre prothèse de hanche, que l'on appelle aussi "arthroplastie", se fera dans un bloc opératoire aseptique, l'intervention durera une à deux heures selon la technique utilisée.

Une fois opéré, vous demeurerez quelques heures en salle de réveil pour vérifier que tout va bien, puis vous remonterez dans votre chambre lorsque l'anesthésiste aura donné son accord.

Des drains (redons) auront été mis en place par le chirurgien pour drainer le sang en excès au niveau de votre incision et ainsi prévenir la survenue d'un hématome. Ils seront, en règle générale, enlevés après 48 à 72 heures.

Des médicaments contre la douleur vous seront administrés, au début par perfusion. On débutera également un traitement par des anticoagulants (destinés à éviter l'apparition de caillots dans le sang).

Dès le lendemain, on vous aidera à vous lever pour vous installer dans un fauteuil. Et dès l'ablation des redons, vous commencerez vos premiers pas avec l'aide d'un kinésithérapeute.

L'hospitalisation ne dépasse pas, le plus souvent, 10 jours.
A la sortie, vous poursuivrez la rééducation, soit à la maison avec un kinésithérapeute, soit dans un centre spécialisé, pendant environ un mois.
Le premier contrôle avec votre chirurgien s'effectuera 2 à 3 mois après l'intervention, et consistera à la fois en un examen clinique et en un bilan radiologique.

Vous aurez récupéré dans les 3 à 6 mois après l'opération.

Votre Prothèse
Tous les matériaux, composant les prothèses de hanche, ont été conçus pour répondre à des normes strictes de résistance et de tolérance.
Le choix du matériel qui vous sera implanté a été choisi en fonction de votre morphologie de façon à obtenir une prothèse aussi stable que possible. La prothèse reproduit le fonctionnement d'une articulation normale et autorise le maximum de mouvements possibles comme se lever, s'asseoir, marcher...

Elle est composée de trois parties : un cotyle, une tête et une tige.
La tête
Destinée à remplacer la tête du fémur, la tête de la prothèse est ajustée sur le col de la tige fémorale et solidarisée par emboitement. Cette tête est habituellement réalisée en chrome cobalt ou en céramique : ces produits résistent parfaitement à l'usure
La tige
La tige de la prothèse est fabriquée à partir de titane ou de chrome cobalt, matériaux dotés de bonnes capacités d'élasticité et de résistance. Elle sera insérée dans le fût central de votre fémur (canal médullaire), sa taille étant adaptée au diamètre de celui-ci. Elle peut être fixée soit directement dans l'os, soit à l'aide d'un ciment chirurgical, le méthacrylate de méthyle.
Le cotyle
Le cotyle de la prothèse est une cupule creuse constituée de polyéthylène de haute densité ou de céramique, qui est implantée au niveau du bassin dont il reproduit l'orientation anatomique. Comme la tige de la prothèse, il peut être inséré dans l'os avec ou sans méthacrylate de méthyle. S'il n'est pas cimenté, c'est un processus d'ossification naturelle qui permettra sa fixation, ce qui nécessitera une période de convalescence un peu plus longue.
Quelques consignes à respecter une fois opéré
Vivre avec une prothèse totale de hanche exige de respecter quelques précautions. En effet si la prothèse permet de retrouver une mobilité suffisante pour la vie de tous les jours, elle ne prétend pas posséder la souplesse et l'adaptabilité d'une articulation naturelle.
Limiter la flexion de la hanche
Avec votre nouvelle hanche, la flexion ne doit jamais dépasser un angle droit (9).
Quelques règles simples vous permettront d'y veiller, tout en évitant que la prothèse ne se luxe:
- en position assise, toujours maintenir les genoux plus bas que les hanches; ne jamais s'asseoir en tailleur; 
- ne pas croiser les jambes, aussi bien allongé qu'assis; 
- ne pas se pencher trop en avant, pour ramasser un objet ou lacer les chaussures (se servir plutôt d'un tabouret) ; 
- ne pas tourner brusquement le pied en dehors ou en dedans. 
Plus généralement, vous devrez utiliser vos nouvelles capacités de manière raisonnable, sans mouvements brusques et "sans forcer".
Vous devrez penser à évitez les sièges ou fauteuils trop bas, en voiture ou à la maison et si possible vous asseoir sur un coussin. Il sera également utile d'équiper vos toilettes d'un rehausseur.
Enfin, veillez à ne pas porter de charges trop lourdes, ce qui pourrait entraîner de trop fortes contraintes sur la prothèse. Les sports trop violents doivent aussi être écartés. Cependant, la marche et le vélo d'appartement sont recommandés.
Eviter les infections
Une infection peut constituer le point de départ d'un foyer pouvant s'étendre à la hanche opérée, et ce même des années après votre intervention.
Sans devenir "obsessionnel", vous devrez donc être prudent et consulter au moindre doute.

Vous devrez aussi éviter les injections intra-musculaires dans la fesse du côté opéré.
Si vous respectez ces quelques conseils de prudence, vous avez toutes les chances de conserver longtemps votre prothèse. En effet, les études montrent que la durée de vie de 9 prothèses totales de hanches sur 10 dépasse actuellement 20 ans.

 

Exemple de suivi à plus de 10 ans

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